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Les langues dites secondes bénéficient d'une visibilité toute particulière pour l'apprenant d'une L3. Ceci est le fait d'une série de facteurs allant du mode d'acquisition (le plus souvent en milieu scolaire pour les L2s) au statut de "langues étrangères" partagé par les L2s et la L3. Ces facteurs combinés ont pour effet de réduire la distance objective entre les langues autres que la L1, de telle sorte que le recours à une L2 en tant que source d'indices sur le fonctionnement morphosyntaxique de la L3 est fréquent chez les apprenants plurilingues, lesquels, tout au moins dans l'enseignement supérieur, représentent désormais la norme et non pas une exception.
Notre contribution explorera certains processus d'appui ou de mise en relation observés chez des apprenants d'une L3, qui font intervenir directement les L2s. L'objectif sera double : D'une part, nous chercherons à éclairer le rôle des facteurs conditionnant le recours à ces langues ; d'autre part, nous amorcerons une réflexion sur les implications didactiques de notre analyse dans une perspective plurilingue de l'apprentissage de langues. L'enquête porte sur une population d'étudiants francophones non spécialistes dont le répertoire inclut l'anglais et l'allemand. L'analyse d'un corpus de production en espagnol L3 nous permettra d'aborder un aspect de la compétence plurilingue jusqu'ici peu abordé. En effet, la plupart des publications récentes étudient l'influence sur une L3 d'une L2 typologiquement proche, alors que dans la configuration qui nous occupe, la distance L2-L3 est plus importante que la distance L1-L3. C'est ainsi que l'on évoquera un facteur L2, défini comme la propension à privilégier le passage par une langue autre que la L1. Dans l'acquisition plurilingue, ce facteur peut l'emporter sur le facteur typologique et sur d'autres critères comme le niveau de maîtrise ou le degré d'actualité d'une langue. Dans une perspective comparative, la confirmation de cette hypothèse ne serait pas sans conséquences sur le plan didactique : Elle obligerait, entre autres, à déplacer le centre de gravité de l'interaction didactique, traditionnellement situé autour des relations langue source/langue cible (où langue source désigne la L1 de l'apprenant) dans le sens d'une pédagogie intégrée autour des rapports L2s-L3.
Bibliographie sélective
Cenoz, J., Hufeisen, B. & Jessner, U. (Éds) 2001 : Cross-linguistic Influence in Third Language Acquisition : Psycholinguistic Perspectives. Clevedon : Multilingual Matters.
Flynn, S. et al. 2004 : "The Cumulative-Enhancement Model : Comparing Adults' and Children's Patterns of Development in First, Second and Third Language Acquisition of Relative Clauses". International Journal of Multilingualism Vol 1 :1, 3-16.
Véronique, D. 2005 : "Comparer les langues : perspectives didactiques ?" Le Français dans le monde : recherches et applications, janvier 2005, 18-26.
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