Colloque International
Recherches en acquisition et en didactique des langues étrangères et secondes
Paris, Carré des Sciences, 6-8 Septembre 2006
organisé par le Groupe "Langues en contacts et appropriations " du DILTEC, Paris III

« La compétence lexicale en production orale :
Diversité, accès et niveau »


HILTON, Heather
Univ. de Savoie


Quels sont les marqueurs discursifs de différents niveaux de compétence en langue orale ? Sous l'emprise des théories chomskiennes de la "compétence" linguistique, de nombreux travaux ont examiné l'ordre acquisitionnel des morphèmes et des structures morpho-syntaxiques de diverses langues. La recherche en acquisition et en didactique des L2 s'est moins souvent penchée sur une éventuelle progression dans la compétence lexicale (Meara 1996; Meara 1999; Henriksen 1999; Zareva, et al. 2005) des apprenants.

Le corpus PAROLE, constitué à l'Université de Savoie, est conçu pour comparer les productions orales d'apprenants de différents niveaux de compétence, dans différentes L2. Nous limitant, pour cette communication (car nous sommes encore dans la phase initiale de nos analyses), à des apprenants francophones de l'anglais L2, nous présenterons les caractéristiques lexicales de leurs productions à deux niveaux de maîtrise : un niveau pré-intermédiaire/faible (palier européen A2) et un niveau avancé (C2-C3). Différentes façons de résumer et de comparer le contenu lexical des productions langagières seront rapidement présentées – la richesse, la densité et la diversité lexicale – avec une insistance sur cette dernière mesure (Malvern & Richards 1997 ; MacWhinney 2000). Avec Meara (1996) et Ellis (2000), nous postulons que certains aspects de la "compétence lexicale" sont des indicateurs très fiables du niveau de maîtrise de la L2 : La diversité lexicale indique l'étendu des connaissances mobilisées (et mobilisables) dans la production ; Divers phénomènes "pausologiques" (pauses, hésitations, reprises, répétitions ; Griffiths 1991) révèlent l'aisance avec laquelle on peut accéder à ce réseau mnésique. Nous terminerons donc notre communication par une présentation des variables pausologiques qui caractérisent le traitement lexical chez nos deux groupes d'apprenants ("faibles" et "forts"), et nous tirerons quelques conclusions pour la didactique de l'apprentissage lexicale, trop longtemps négligé dans nos cours de langue.

Ellis, N. (2000). Memory for Language. Dans P. Robinson (coord.) Cognition and Second Language Instruction (pp. 33-68). Cambridge : Cambridge University Press.

Griffiths, R. (1991). Pausological Research in an L2 Context : A Rationale, and Review of selected studies. Applied Linguistics, 12, 345-364.

Henriksen, B. (1999). Three dimensions of vocabulary development. Studies in Second Language Acquisition, 21, 303-317.

MacWhinney, B. (2000). The CHILDES Project : Tools for analyzing talk, vol. 1. Mahwah NJ : Lawrence Erlbaum Associates.

Malvern, D., & Richards, B. (1997). A new measure of lexical diversity. Dans A. Ryan & Alison Wray (coord.), Evolving models of language (pp. 58-71). Clevedon : Multilingual Matters.

Meara, P. M. (1996). The Dimensions of Lexical Competence. Dans G. Grown, K. Malmkjaer, J. Williams (coord.), Competence and Performance in Language Learning (pp. 33-51). Cambridge : Cambridge University Press.

Meara, P. M. (1999). The Vocabulary Knowledge Framework. Vocabulary Acquisition Research Group Virtual Library, http ://www.swan.ac.uk/cals/calsres/vlibrary/pm96d.htm. Swansea : Centre for Applied Language Study, University of Wales.

Zareva, A., Schwanenflugel, P., & Nicolova, Y. (2005). Relationship between lexical competence and language proficiency : Variable sensitivity. Studies in Second Language Acquisition, 27(4), 567-596.


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