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Analyser l'activité cognitive de l'apprenant fournit, aux chercheurs en acquisition et en didactique, aux enseignants, des informations essentielles sur le processus d'acquisition et d'apprentissage de la langue, et à tous les stades. La seconde étape devrait permettre à tout apprenant de tirer à son tour profit de cette source d'information, principalement de l'analyse de ses erreurs, hésitations, idiosyncrasies. Ressentir que tout questionnement, au lieu d'être inhibé, vaut d'être étudié valoriserait sa propre activité cognitive. Davantage impliqué, comme observateur privilégié de son propre parcours, davantage confiant et motivé, il optimiserait ainsi l'apprentissage en cours. Aux chercheurs (acquisition, didactique) et aux médiateurs (enseignants de langue) de créer les conditions optimales d'un apprentissage des langues en milieu institutionnel.
Cette contribution porte sur le stade le plus avancé de l'acquisition, quand l'écart entre le lecte de l'apprenant et la langue cible tend à disparaître, écart si difficile à percevoir qu'il nécessite alors un travail conjoint impliquant chercheur, enseignant, apprenant. Double problématique : 1) prendre conscience de la distance qui, dans un contexte discursif déterminé, sépare deux systèmes linguistiques typologiquement proches (ie. français/ castillan), distance qui n'est pas décrite dans les grammaires systémiques (L1) et pédagogiques (LE) ; 2) les étapes du parcours de grammaticalisation discursive.
Les analyses s'appuient sur un corpus de récits oraux produits à partir d'un livre d'images sans texte : domaine référentiel de la temporalité (temps/aspect) ; français et castillan, langues en contact ; locuteurs adultes, natifs et apprenants très avancés de ces deux langues vivant en immersion dans le pays de la LE. J'analyserai ici la production de natifs (francophones et hispanophones) et d'apprenants hispanophones en FLE. L'analyse décrira les tendances de conceptualisation des natifs créant la structure événementielle du récit : formes verbales de base; types d'organisation temporelle (séquentielle/aspectuelle) ; principalement constructions verbales complexes rendant compte d'un événement complexe, constructions non répertoriées dans les grammaires mais qui pour les natifs constituent des structures conceptuelles prêtes à l'emploi. Seront dégagées les différences de conceptualisation, souvent difficiles d'accès pour les apprenants. Les apprenants très avancés s'approprient certaines de ces structures, sans pour autant atteindre la compétence native. Emergent ces questions, liées : Que peut-on acquérir en LE ? Peut-on tout acquérir d'une LE ? En somme, que peut-on enseigner en LE ?
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