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Les recherches acquisitionnelles qui se sont longtemps appuyées sur l'étude des interlangues ont permis en concertation avec les avancées en didactique des langues de nouvelles évaluations fonctionnelles en LE/L2 (cf. Un cadre européen commun de référence pour les langues, Trim et al. 2001). Mais les descriptions des savoir-faire proposés restent souvent dépendantes de l'approche structuraliste et l'objectif d'une grammaire idéalisée d'un locuteur natif. Influence qui se remarque dans l'élaboration des manuels, de plus en plus progressifs et de moins en moins communicatifs. De plus, les méthodes de compréhension des langues proches/voisines (EuroCom, Galatea, Sigurd, etc.) ne peuvent que difficilement s'inscrire (lorsqu'elles restent limitées à l'acquisition d'un plurilinguisme) dans les évaluations et descriptions de la compétence en L2 du CECR. D'un autre côté, les contenus linguistiques à enseigner (et donc à évaluer) tiennent rarement compte de la diversité des publics (langue maternelle proche ou langue maternelle lointaine, cultures didactiques différentes, etc.) ni de certaines pratiques interactionnelles qui peuvent donner naissance à des interlangues de groupes.
Cette communication se propose d'analyser des productions langagières d'étudiants Erasmus de l'université d'Amiens (de langues proches et de langues relativement lointaines), étalées sur 10 semaines. La particularité de ces informateurs (niveau intermédiaire ou fonctionnel) est que le français (outre son utilisation au niveau compréhension dans les différents cours suivis par ces étudiants à l'université) est surtout utilisé en situation exolingue entre locuteurs non natifs. En effet, ces étudiants Erasmus n'ont que peu de contact avec les locuteurs natifs (étudiants ou autres). La référence à l'« educated native speaker » est quasi inexistante, tout comme la volonté d'appropriation d'une compétence de communication. La communication entre ces étudiants (outre les différences classiques entre locuteurs de langue proche et locuteurs de langue lointaine) montre l'élaboration d'une interlangue de groupe, provenant de leurs acquis antérieurs, des cours de langue à l'université d'Amiens, de l'acquisition en milieu naturel et (particulièrement) de l'interaction (libre) entre ces interlocuteurs de nationalités différentes. Cette dernière dimension remet en question le nativo-centrisme encore présent dans les modalités d'évaluation.
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